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Comment faire un bon prompt : la méthode montrée sur un cas raté

Pas de formule magique. On part d’une demande banale, on regarde la réponse décevante qu’elle produit, et on la redresse en deux relances. La méthode arrive à la fin, une fois qu’on l’a vue fonctionner.

  • ChatGPT
La rédaction Glowia

6 min de lecture

Une personne retravaille une demande sur son ordinateur portable, un carnet ouvert à côté d’elle où plusieurs lignes ont été raturées puis réécrites.

On vous a sûrement déjà expliqué qu’un bon prompt contient un rôle, un contexte, un objectif et un format. C’est vrai. Et ça ne vous aide pas beaucoup au moment où la réponse tombe, longue et creuse, et où vous hésitez entre tout recommencer et abandonner.

Alors faisons l’inverse de ce qui se fait partout. On ne commence pas par la méthode. On commence par une vraie demande, une vraie réponse ratée, et on regarde comment la redresser. La méthode arrivera à la fin, quand vous l’aurez vue marcher.

Le premier essai, celui que tout le monde fait

La situation : vous êtes responsable administrative dans une PME. Vous voulez proposer à votre direction d’acheter un logiciel de facturation. Vous ouvrez ChatGPT et vous écrivez ce qui vous vient.

La demande telle qu’on l’écrit spontanément

Aide-moi à préparer une note pour convaincre ma direction d’investir dans un nouvel outil.

Fonctionne avec ChatGPT.

Voici ce qui sort.

Réponse de ChatGPT à une demande vague : une trame intitulée « Note d’aide à la décision — Investissement dans [Nom de l’outil] », dont les paragraphes contiennent des mentions entre crochets comme [montant], [période] et [décrire brièvement le problème].
Capture réalisée le 6 septembre 2026 sur chatgpt.com, sans compte. La réponse est une trame : les crochets marquent tout ce qu’il faut encore écrire soi-même.

La réponse n’est pas mauvaise. La structure proposée est même plutôt bonne : problème, gains, coût, risques, recommandation. Le problème est ailleurs.

Nous avons compté trente-huit passages entre crochets. [Nom de l’outil], [montant], [période], [décrire brièvement le problème], [X h/mois], [X €], [Avantage 1]… Un tableau entier de retour sur investissement où chaque cellule est un [X] à remplir.

Autrement dit : vous avez demandé une note, vous avez reçu un formulaire. Le travail n’a pas été fait, il a été reformulé en questionnaire.

Et c’est logique. Vous n’avez donné ni le nom de l’outil, ni son prix, ni le problème qu’il résout, ni la personne à convaincre. L’assistant ne pouvait pas les inventer, alors il a fait la seule chose honnête possible : il a laissé les trous.

Ce qui manquait, précisément

Reprenons la demande de départ. « Aide-moi à préparer une note pour convaincre ma direction d’investir dans un nouvel outil. »

Quatre informations manquent, et ce sont toujours à peu près les mêmes :

  • Votre situation. Qui vous êtes, dans quelle structure, avec quels chiffres réels sous la main.
  • Ce qui coince vraiment. Pas « nous voulons moderniser », mais ce qui vous fait perdre du temps, cette semaine, concrètement.
  • La personne en face. Une direction attentive au coût ne se convainc pas comme une direction attentive à la qualité.
  • La forme attendue. Longueur, ton, présence ou non d’un tableau.

Le deuxième essai

Même conversation, même outil, deux minutes plus tard. On ne recommence pas : on donne ce qui manquait.

La même demande, avec ce qui manquait

Je suis responsable administrative dans une PME de 25 personnes. On facture encore sous Excel : je passe environ 6 heures par mois à rattraper des erreurs de TVA et à relancer des impayés, et deux factures sont parties en double le trimestre dernier. Je veux proposer à ma directrice un logiciel de facturation à 40 € par mois. Elle regarde d’abord le coût et elle déteste les notes longues. Écris la note. Une page maximum, trois parties : ce qui coince aujourd’hui avec les chiffres que je viens de te donner, ce que ça change concrètement, ce que je demande. Ton factuel, pas commercial. Pas de tableau. N’invente aucun chiffre que je ne t’ai pas donné.

Fonctionne avec ChatGPT.

Réponse de ChatGPT à la demande contextualisée : une note en trois parties qui reprend les six heures par mois, les deux factures envoyées en double et les 40 euros mensuels, sans aucune mention entre crochets.
Même outil, même conversation, deux minutes plus tard. Plus aucun crochet : la note utilise uniquement les chiffres fournis.

Ce que la demande a changé

38 passages entre crochets. Une trame à remplir soi-même, un tableau de retour sur investissement entièrement vide.

0 crochet. Une note de trois paragraphes qui reprend les six heures par mois, les deux factures en double et les 40 € mensuels. Pas de tableau, comme demandé.

Notez la dernière phrase de la demande : « N’invente aucun chiffre que je ne t’ai pas donné. » Elle ne coûte rien à écrire et elle vous évite de découvrir, en relisant, un « gain estimé de 30 % » sorti de nulle part que vous auriez envoyé à votre directrice.

Le troisième essai, et c’est là que tout se joue

La note est utilisable, mais elle n’est pas parfaite. La deuxième partie dit deux fois la même chose. Et la demande finale reste molle : « je demande l’accord », sans dire pour quand.

Le réflexe habituel serait de réécrire toute la demande. C’est inutile. On corrige seulement ce qui cloche.

La relance ciblée

Dans la partie 2, tu dis deux fois la même chose. Coupe la redite. Et termine par une phrase qui dit précisément ce que je demande à ma directrice et pour quand. Ne touche pas au reste.

Fonctionne avec ChatGPT.

Réponse de ChatGPT après la relance : la deuxième partie a été réduite de trois à deux paragraphes, la demande finale mentionne une date, et une phrase au-dessus indique « Comme tu ne m’as pas donné de date, je laisse un emplacement à compléter ».
La relance a fait exactement ce qui était demandé, sans toucher au reste. Et l’assistant signale de lui-même la seule information qui lui manque.

Trois choses se sont passées, et elles méritent qu’on s’y arrête.

La redite a disparu. La deuxième partie est passée de trois paragraphes à deux, sans qu’aucun autre mot du texte ne bouge.

La demande finale est devenue une demande. « Je vous demande donc de valider cet abonnement d’ici le… »

Un seul crochet est réapparu. [date]. Et au-dessus, cette phrase : « Comme tu ne m’as pas donné de date, je laisse un emplacement à compléter. »

Maintenant, la méthode

Vous venez de la voir fonctionner. La voici en clair.

Donnez votre situation avant votre demande. Deux phrases suffisent : qui vous êtes, ce qui se passe. C’est ce qui transforme un formulaire en texte.

Mettez vos chiffres, même approximatifs. « Environ six heures par mois » vaut infiniment mieux que rien. Un chiffre imparfait que vous fournissez remplace un [X] que vous auriez dû remplir.

Dites qui va lire. C’est l’information la plus rentable de toutes, et la plus souvent oubliée. Le même contenu ne s’écrit pas pareil pour une directrice pressée et pour un comité technique.

Fixez la forme. Longueur, nombre de parties, ton, ce que vous ne voulez pas. Les interdits marchent aussi bien que les consignes : « pas de tableau » a été respecté.

Interdisez l’invention. Une phrase, toujours la même : n’invente aucun chiffre que je ne t’ai pas donné.

Et surtout : relancez au lieu de recommencer. C’est le point que presque personne n’enseigne. Une réponse à 70 % n’est pas un échec, c’est un brouillon. Dites ce qui ne va pas, précisément, et ajoutez « ne touche pas au reste ».

Le gabarit à garder sous la main

[Votre situation en deux phrases, avec vos chiffres réels.]
[Ce que vous voulez obtenir, et pour qui.]
Forme attendue : [longueur], [nombre de parties], ton [factuel / chaleureux / direct]. Pas de [ce dont vous ne voulez pas].
N’invente aucun chiffre que je ne t’ai pas donné : si une information te manque, signale-la au lieu de la remplacer.

Fonctionne avec ChatGPT, Claude, Gemini.

Une réponse bien formulée reste une réponse à vérifier

Tout ce qui précède améliore la forme et la pertinence. Rien là-dedans ne garantit l’exactitude. Une note bien tournée peut contenir un chiffre faux, une date approximative, une affirmation invérifiable.

C’est pour ça que chez Glowia, une méthode de production ne va jamais seule : elle va avec sa méthode de contrôle. Nous expliquons dans un autre article comment vérifier une réponse d’IA en deux minutes, et pourquoi une IA invente parfois des réponses.

Pour aller plus loin sur la formulation elle-même, notre guide Formuler une demande claire à une IA détaille les quatre éléments un par un, et notre checklist avant d’envoyer une demande tient en trente secondes de relecture.

Si ces réflexes vous intéressent au-delà de la formulation, le livre L’Intelligence artificielle pour débutants de Marie Britom traite la même matière sur la durée : formuler, vérifier, garder son esprit critique. Glowia le recommande parce qu’il partage cette ligne.

Outils concernés : ChatGPT

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